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Lou Pitchoun
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Publié le 20/10/2020 à 11h05

le marché hebdomadaire

Réouvrir ou pas le marché hebdomadaire ?

 

Mercredi 8 avril 2020, les membres d’une liste candidate aux élections municipales, ont interpellé les élus municipaux afin que la commune sollicite auprès de la préfecture une dérogation pour la réouverture du marché hebdomadaire.

 

Les élus municipaux qui se sont prononcés (par messagerie internet), se sont dans leur grande majorité positionnés contre ce projet.

 

En tant que Maire, j’ai décidé de ne pas donner de suite favorable à la requête présentée.

Pourtant, je suis comme chacun d’entre vous, particulièrement sensible à la préservation de l’activité des producteurs et distributeurs locaux de produits alimentaires, acteurs majeurs du territoire pour leur contribution au maintien de l’agriculture et au développement des circuits courts d’approvisionnement.

Cependant, nous ne pouvons ignorer l’article 8 du décret n°2020-293 du 23 mars 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid-19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire : « la tenue des marchés, couverts ou non et quel qu'en soit l'objet, est interdite. Toutefois, le représentant de l'Etat dans le département peut, après avis du maire, accorder une autorisation d'ouverture des marchés alimentaires qui répondent à un besoin d'approvisionnement de la population, si les conditions de leur organisation ainsi que les contrôles mis en place sont propres à garantir le respect des dispositions de l'article 1er et de l'article 7. »

 

Avec 2 boulangeries, 1 boucher-charcutier, 1 primeur et 1 supérette en centre-ville, et 1 magasin de producteurs, 1 primeur et 1 supermarché quartier Lansas, le besoin d’approvisionnement de la population ne saurait être un argument légitime pour solliciter une dérogation.

 

De plus, l’organisation du marché mobiliserait nécessairement plus d’agents municipaux que d’habitude, notamment pour ceinturer son emplacement de barrières, filtrer les entrées afin de contenir le nombre de clients présents simultanément, veiller au respect des règles de distanciation sociale, etc.

 

 Je salue à nouveau la disponibilité et le professionnalisme des agents municipaux mobilisés sur l’ensemble des services. Mais je ne saurai raisonnablement les exposer davantage, c’est-à-dire risquer leur santé et celle de leur entourage, pour maintenir un marché qui n’est pas strictement nécessaire. Et je ne saurai non plus mobiliser des ressources encore rares (masques, gants, gel hydroalcoolique…) alors que les établissements de santé d’Ardèche et de France n’en disposent pas toujours en nombre suffisant.

 

Enfin, le choix cornélien entre sauver des vies ou des emplois serait en fait un faux dilemme. Des organisations réputées telles que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Fonds monétaire international (FMI) ont clairement exprimé leur avis : « la lutte contre la pandémie est une nécessité pour que l’économie puisse rebondir » et « il est indispensable de maîtriser d’abord le virus pour sauver les moyens de subsistance » (The Telegraph, Libération, 3 avril 2020).

 

Alors qu’un 2ème mois de confinement vient tout juste d’être décidé, la priorité est donc plus que jamais au respect des mesures sanitaires pour freiner la propagation du virus et limiter l’engorgement des hôpitaux. Même en respectant les distances de sécurité, la transmission du virus est possible. Aussi soumettons-nous de bon gré aux contraintes qui s’imposent à nous, et gardons-nous d’alimenter des polémiques stériles sur la prédilection qui serait portée aux uns au détriment des autres.

 

Solidairement,

Christian AUDIGIER, le Maire

Filigrame Villeneuve-de-Berg